Je suis médecin d'urgence. J'ai construit l'outil que j'aurais voulu avoir pendant mes gardes, pour mes collègues.
Urgence, soins intensifs, médecine familiale. Presque dix ans, beaucoup de nuits.
Garde après garde, le même constat : une grande partie de mon temps passait dans des tâches qui n'avaient pas besoin d'un médecin. Cliquer, ouvrir un document, attendre l'ordinateur, attendre l'imprimante. Le vrai travail clinique, lui, méritait toute l'attention.
Une nuit résume le reste. Salle pleine, quatre patients à documenter, et je passe de longues minutes sur un AH-251 et une attestation CNESST pendant qu'une civière attend sa réévaluation. Rien de ce que je faisais à ce moment-là ne demandait dix ans de formation. Le lendemain, je me suis demandé pourquoi je dictais déjà tout à voix haute dans ma tête, et pourquoi rien ne l'écoutait.
En janvier 2026, j'ai arrêté la pratique à temps plein pour m'y consacrer. On ne plonge pas dans un problème comme celui-là entre deux gardes : il faut l'esprit clair et du temps. J'ai appris, testé, construit.
L'objectif est simple : rendre aux médecins le temps que la paperasse leur prend, pour qu'il retourne au patient. Pas remplacer le jugement clinique. L'alléger.
L'urgence d'abord, parce que c'est mon terrain. Ensuite la clinique, l'hospitalisation, la médecine familiale.